
Bernard Tapie et l'OM — la décennie qui a changé Marseille
De la reconstruction du Vélodrome à la Coupe d'Europe 1993 : comment une époque a forgé le mythe marseillais.
Il y a des présidents qui administrent un club et d'autres qui le transforment en récit national. Bernard Tapie, entre 1986 et 1993, a appartenu à la seconde catégorie — avec tout ce que cela implique de lumière, de bruit et de controverse.
Sous sa présidence, l'OM a retrouvé une identité offensive et populaire. Papin, Waddle, Abedi Pelé, Deschamps : une génération qui jouait vite, qui prenait le Vélodrome à revers et qui faisait de chaque soir de coupe d'Europe un événement ville entière. Le stade a été modernisé, les tribunes ont gagné en ferveur, et Marseille a appris à se voir comme une capitale du foot — pas seulement un port.
Mai 1993 reste la date gravée. La victoire en Ligue des champions à Munich n'est pas qu'un trophée : c'est la première — et toujours unique — pour un club français. Le Cours Julien, le Vieux-Port, la Corniche : la ville a célébré comme elle sait le faire, entre joie et larmes, en mélangeant fierté populaire et sentiment d'appartenance.
L'après a été plus complexe — affaires, relégations, héritages judiciaires. Mais l'époque Tapie demeure incontournable pour comprendre l'OM d'aujourd'hui : un club habité par l'idée du grand soir, capable du meilleur comme du chaos, profondément marseillais dans sa façon d'exister au grand jour.
Places
Mentioned in this article
